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L'Hymne des Gadz’Arts

Couplet Ecole Non, ce n’est plus votre antique abbaye, Vos chants sacrés aux pieds de vos autels; Non, ce n’est plus votre indolente vie, Vos oraisons pour les heureux mortels; Le fer gémit, c’est là notre prière; Notre couvent, c’est l’école des Arts. Moines, dormez sous vos six pieds de terre; Dormez en paix et vivent les Gadz’Arts ! (bis) Couplet Trad'S Sonnez clairons aux notes éclatantes, Hymnes sacrées des saintes traditions. De supprimer les promos militantes, C’est là le voeu de l’administration. Réagissons, et sans être vandales, Montrons qu’on peut à l’école des Arts Chanter bien haut, d’une voix triomphale: Les trad’S mourront quand mourront les Gadz’Arts (bis) Couplet Fratern'S Que font ici ces titres de noblesse ? Leur faux éclat ne peut nous éblouir ! Ici, puissants, l'inégalité cesse; Vieux privilèges, il vaut faut tous périr. Goûtons amis, ce bonheur qu'on méprise, Car sachez bien qu'à l'école de Arts, Fraternité, c'est là notre devise; C'est la devise de tous les vrais Gadz'arts. (bis) Couplet Sacqués Quand on défend l'idéal que l'on aime On peut tomber sous les coups ennemis. Amis sacqués, vous devenez l'emblème De notre effort pour rester insoumis. La strass ne peut en dépit de sa rage Faire oublier votre triste départ. Nous chanterons sans souci de l'orage Que votre action est digne d'un Gadz'arts. (bis) Couplet Lourdés Gadz'arts chassés par le censeur sévère, Vous demeurez présents dans nos pensées. Malgré la strass, nous sommes toujours frères; Rien ne fera qu'on vous puisse oublier. Voici déjà que commence la vie; Vous connaîtrez ses pénibles hasards. Mais vous aurez une force infinie Car malgré tout, vous êtes des Gadz'arts. (bis) Couplet Disparus Nous avons fait un bout de route ensemble Jusqu'à la mort qui nous a séparés. Mais en cette heure où nos épaules tremblent, Chantons que nous n'avons rien oublié. Oh vous mes frères, disparus désormais, Vous resterez présents dans nos mémoires Car dans nos coeurs sont gravés à jamais Ces quelques mots: " Vous êtes des Gadz'arts ". (bis) Couplet Bacchus Loin de ces murs de si triste mémoire Enivrons nous en de joyeux festins; Du dieu Bacchus fêtons ici la gloire; Et loin de nous les soucis, les chagrins. Censeur, cessez votre morale austère, Car sachez qu'à l'école des Arts, Ce jus divin qui réjouit la terre N'emplit jamais la coupe d'un Gadz'arts (bis) Couplet Cythère A tes autels, petit dieu de Cythère, Nous nous plaisons à consacrer nos coeurs. L'attrait brûlant des amours passagères Rencontre en nous de brûlantes faveurs; Chaque fillette en son âme ravie Se dit tout bas: " C'est un élève des Arts ". Oh ! Oui vraiment, qu'une fille est jolie Sous les baisers amoureux d'un Gadz'arts. (bis) Couplet 508 Le port est loin, la traversée est rude Mais nous voilà joyeux à mi-chemin. Amis chantons selon notre habitude; Oublions tout sans songer à demain. Plus de soucis, plus rien que l'espérance; Rien que l'union à l'école des Arts. Et de chacun prenons tous la défense C'est là le but, la vie d'un vrai Gadz'arts (bis) Couplet Num'S 2 L'année enfin termine sa carrière Et la décale approche lentement. Amis jetons un regard en arrière; Nous ne sommes plus des .onscrits maintenant. Et toi, humble témoin de nos souffrances, Nous te brûlons avec joie aujourd'hui. Amis chantons une telle biffance Vive le Num'S 2 et vivent les conscrits (bis). Couplet Délivrance Voyez amis la liberté s'avance; Enfin le tap'S a battu le départ; Comme un vaisseau, notre destin s'avance Sur une mer qu'agite le hasard; Si la fortune ou bien si la misère Vous dorent un jour de leurs tristes épars, Riches, puissants ou pauvres sur la Terre Souvenez-vous que vous êtes Gadz'arts. (bis) Hymne aux Gadz'Arts morts pour la patrie Parfois quand mon marteau ralentit sa cadence, Quand mon fer s'assombrit, quand mon bras devient las, Mon enclume frémit comme l'airain d'un glas Et sur le feu mourant plane un spectre qui danse. Oh ! Mes amis jadis, le coeur plein d'espérance Nous partîmes joyeux et la main dans la main. Vous dormez sous le sol de France Et je pleure en marchant solitaire en chemin. Mais malgré le sanglot qui contracte ma gorge Pour mettre sur ton corps de saintes moissons d'orge Frappe mon bras, souffle ma forge. Parfois lorsque mon front s'alourdit sur mon livre, Quand au delà des mots je plonge mon regard, Je vois l'arrêt fatal aux lèvres du hasard: A l'un il faut mourir et à l'autre il faut vivre. Oh ! Mes amis jadis, le coeur plein d'espérance Nous partîmes joyeux et la main dans la main. Vous dormez sous le sol de France Et je pleure en marchant solitaire en chemin. Mais comme il ne faut pas qu'en terrible hécatombe Votre corps mutilé gémisse dans la tombe Je vais au devoir qui m'incombe. Parfois lorsque mon coeur s'ouvre au flot de la vie, Quand ma lèvre tressaille et va parler d'amour, Amis je pense à vous couchés sous les labours. Oh ! Mes amis jadis, le coeur plein d'espérance Nous partîmes joyeux et la main dans la main. Vous dormez sous le sol de France Et je pleure en marchant solitaire en chemin. Mais quand le soc pétrit la grêle et la mitraille, J'entends comme un écho monter de la semaille: Votre voix dit " Aime et Travaille ". Chanson des Sacqués Nous fûmes cinq années à peiner tous les deux, Vivre sous un même toit et voir les mêmes cieux, Et boire au même verre. Je ne sais quel hasard, d'une fatale main, Le prit et me laissa sur le même chemin A jamais solitaire... Pourquoi nous réunir ? Pourquoi nous rassembler ? Pourquoi en prendre cent ? Et pourquoi nous gâcher Nos rêves de jeunesse. S'il nous faut chaque jour rayer un nouveau nom, S'il nous faut chaque fois voir passer sur nos fronts Une ombre de tristesse... A mes amis sacqués, je dédie ma chanson; Puissent-ils m'écouter et vibrer d'unisson: C'est leur nom que j'évoque. Car nous partagions tout: et soucis et labeurs Et les mêmes tyrans et les mêmes malheurs; Qu'ils songent à cette époque.