Le clocheton
Depuis que je vis, ô vieux cloître, Que de choses ai-je vu passer : J'ai vu la ville d'Angers croître Du haut du couvent vénéré Comme moi, ô pilier austère, Tu vis les nonnes recueillies Et tu as vu le monastère Un jour dépeuplé et meurtri. Les jours ont passé, Après le silence Qui nous torturait, Ce fut l'espérance : Des Arts et Métiers Le tambour battait Nous entendions, Hymnes nouveaux, Le chant des lourds marteaux. Il y a dėjà plus de cent années Que je domine l'École des Ars J'ai vu les Traditions ancrées Dans tous les cœurs des vrais Gadz'Arts. J'ai vu leur début magnifique, Et les Gadz pour elles lutter. Depuis ils me sont sympathiques Chaque jour les fait mieux aimer. Je suis aujourd'hui Le plus pur symbole Du passé des Gadz De la vieille École Je domine leur vie, Je guide leurs pas Dans le sentier Pour eux sacré De la Fraternité. Quand I'heure de la révolte sonne, Ils n'ont garde de m'oublier. Pour le Drapeau Noir je me donne, Et c'est toujours avec fierté. Je vis leur vie tendre et farouche, Je m'associe à leur bonheur. Leurs actes fraternels me touchent Et je les suis dans le malheur. J'ai vu les sacqués, Senti leur tristesse, Des Gadz endeuillés J'ai vu la détresse. En ces jours maudits, Le vieux clocheton, Qui sait souffrir À sa façon, Pleure les Gadz partis.